Les
Portugais furent les premiers à visiter
l'île et la reconnurent à partir
de 1510, au cours de leurs voyages aux Indes.
A leur yeux, L'Ile Maurice ne représentait
aucun intérêt commercial immédiat.
Ces îles leur doivent cependant leurs premiers
noms européens : Cirne, ou l'île
du Cygne, pour Maurice, Rodriguez pour Rodrigues
et les Mascarseignes pour l'archipel constitué
par Maurice, l'île voisine de la Réunion,
et l'île Rodrigues. Si les Portugais ne
s'établirent pas à Maurice, on leur
doit toutefois l'introduction d'animaux qu'ils
y laissèrent lors de leurs escales vers
les Indes, lesquels comme porcs, chèvres,
boeufs, chiens et rats, devaient causer la disparition
de certains membres de l'île, tel le Dodo.
LES
HOLLANDAIS - Haut
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Dès
1638 les hollandais débarquèrent
et donnèrent alors le nom actuelle de l'île
: "Mauritius", en l'honneur du Prince
Maurice de Nassau. Pendant leur occupation, ils
ont continuer d'exploiter à outrance les
forêts naturelles d'ébéniers
et ont exterminé le célèbre
dodo, déjà menacé d'extinction
par les Portugais. L'occupation hollandaise dura
jusqu'en 1710.
LES
FRANCAIS - Haut
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Ce
fût à partir de l'occupation française,
en 1715, que l'île Maurice rebaptisée
l' île de France, commença à
se développer et à prendre l' aspect
de la colonie prospère qu'elle allait devenir.
Le grand créateur de ce monde colonial
fût Bertrand Francois Mahé de Labourdonnais,
qui, en 1735, y fût nommé gouverneur
pour la Compagnie des Indes Orientales, à
qui avait été concédée
l'île. Il créa non seulement des
bâtiments officiels, des magasins, des casernes,
des chantiers navals, mais aussi, des industries
en encourageant l'exploitation des forêts
existantes pour la production de bois de construction
et la production de sucre à partir de la
canne à sucre. Il rétablit également
l'ordre dans l'île. D'une île sauvage
et presque déserte, Labourdonnais devait
faire, en quelques années, une colonie
florissante et productive et un port français
actif dans l'Océan Indien. Deux autres
grandes figures de la période française
de l'île Maurice furent Pierre Poivre et
le général Decaen. Pierre Poivre
qui de 1767 a 1772 fût intendant à
l'île de France et à Bourbon (l'Ile
de la Réunion actuelle) sous les gouverneurs
Dumas et Desroches, a laissé le souvenir
d'un administrateur avisé, qui sût
mettre de l'ordre et ramener la prospérité
à Maurice. Pierre Poivre a aussi laissé
le souvenir d'un "grand épicier"
par son intérêt dans les arbres à
épices fines, qu'il avait réussi
à soustraire des possessions hollandaises
des îles du Détroit et de la Sonde
et qu'il s'efforça de faire cultiver, avec
des succès mitigés, sur les îles
françaises de l'Océan Indien occidental
: Maurice, La Réunion et les Seychelles.
L'autre grande figure française fût
le Général Decaen, un des généraux
de Napoléon, Capitaine-Général
à l'île de France et à l'île
Bonaparte (ancienne île de Bourbon). Il
a aussi laissé le souvenir d'un brillant
législateur et administrateur qui sut,
avec un mélange de fermeté et d'adresse,
ramener dans le giron du Gouvernement français
l'île Maurice et ses dépendances
(dont l'île Bonaparte et les Seychelles)
qui, parce que coupée de la France pendant
la période révolutionnaire, avaient
acquis une quasi-indépendance.
LES
ASSEMBLEES
-
Haut
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La
première assemblée de l'île
de France, L'Assemblée Générale,
fût même constituée avant que
l'Assemblée Nationale de France en eut
permis la création. Cette assemblée
et ses successeurs, les fameuses Assemblées
Coloniales ne furent en fait que des copies, de
pauvres copies, des assemblées françaises,
jusqu'à ce que le Général
Decaen y vint mettre bon ordre sous l'Empire.
Ces assemblées, si éprises de leurs
droits et de leur liberté constitutionnels,
devaient pourtant se montrer des plus réticentes,
pour accorder leurs droits à une section
de la population celle des gens de couleurs libres
et des esclaves. Il était sans doute inconcevable,
alors, car impraticable, d'accorder ces mêmes
droits aux esclaves, qui n'étaient que
des meubles sans droits civiques, mais ces droits
auraient quand même dû être
accordés aux gens de couleurs libres de
naissance ou affranchis. Il y a cependant deux
domaines pour lesquels les Assemblées furent
quand même bénéfiques. Le
premier de ces domaines fût le ravitaillement
de l'île de France, isolée d'une
mère-Patrie lointaine en prise avec les
événements révolutionnaires
et, plus tard, la guerre et le blocus anglais.
L'autre domaine dans lequel les assemblées
tentèrent de se montrer à la hauteur
de leur responsabilité fût celui
de la santé, plus particulièrement
lors de l'épidémie de petite vérole
qui sévit à partir de 1792. La troisième
assemblée, alors au pouvoir, s'activa immédiatement
à faire séquestrer les malades,
à faire inoculer les gens sains et à
faire inhumer ou incinérer des cadavres
abandonnés au plus fort de l'épidémie.
Le danger que constituait l'île Maurice
et les autres îles françaises de
l'Océan Indien occidental, telles la Réunion,
l'île Rodrigues et les Seychelles, pour
la suprématie anglaise dans l'Inde détermina
les Anglais à capturer ces îles pour
en chasser les Français. Tâche relativement
facile pour eux, étant donné leur
puissance sur la mer, cela en dépit de
succès sans lendemain des Français,
à l'instar du célèbre combat
du Grand Port, à l'île Maurice, en
août 1810.
LES
ANGLAIS - Haut
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Après
le blocus et le débarquement d'une force
expéditionnaire britannique très
supérieure en nombre à celle de
la force de défense française, sous
le Général Decaen, I'île Maurice
capitula en décembre 1810. Par le Traité
de Paris de 1814 Maurice et ses dépendances,
dont Rodrigues et les Seychelles devaient devenir
britanniques tandis que La Réunion, qui
avait aussi été capturée
par les Britanniques, devait être rendue
a la France. Devenue britannique sous son ancien
nom hollandais, l'île Maurice allait quand
même demeurer étonnamment française
en conservant la langue, la culture et les lois
françaises. Laissés en quelque sorte
à eux-mêmes, régis par les
mêmes lois qu'antérieurement, les
anciens colons français et leurs descendants
purent donc continuer à vivre à
la française, comme par le passé,
une colonie à principale vocation maritime,
pour devenir une colonie agricole. Si l'industrie
de la canne à sucre avait débuté
sous la tutelle française ce fût
pendant la période britannique qu'elle
prit une véritable extension, au point
de devenir une quasi- monoculture, avec, plus
tard, des cultures d'appoint comme les plantes
vivrières, le thé, le tabac, l'aloès
et, plus récemment encore, de petites manufactures
de produits pour l'alimentation, le textile, et
les produits ménagers, surtout le textile.
LA
LIBERATION DES ESCLAVES - Haut
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L'évènement
le plus important de l'administration britannique
a sans doute été l'abolition de
l'esclavage en 1835 qui engendra un appel de main
d'oeuvre de Chine et d'Indes. L'île Maurice,
à l'époque anglaise, est toujours
le point statégique sur la route des épices.
L'EVOLUTION
DES ESCLAVES - Haut
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L'émancipation
des esclaves en 1835 à laquelle les colons
comme ceux des autres colonies britanniques s'opposèrent
pour des raisons économiques, l'industrie
sucrière, alors en pleine expansion, ayant
besoin d'une forte main-d'oeuvre - ne fut pas
aussi funeste qu'elle avait été
pronostiquée. D'abord les colons reçurent
une forte indemnité. Ensuite il n'y eut
pas les troubles escomptés, tout se passant
dans l'ordre. Mais pour remplacer du jour au lendemain
la pénurie de main d'oeuvre, le pays dût
faire appel à une main d'oeuvre libre d'origine
indienne. Un missionnaire qui exerça son
apostolat de 1841 à 1864, le Père
Jacques Désiré Laval, mieux connu
comme le "saint" de l'île Maurice,
devait acquérir une ascendance extraordinaire
sur les affranchis et être un des facteurs
qui influença d'une façon bénéfique
le passage de millers d'esclaves à la liberté.
Les premiers essais d'importation de travailleurs
indiens à Maurice datent de 1829. Ce fût
cependant au moment de l'émancipation des
esclaves que le mouvement prit de l'importance.
Il en résulta un développement accéléré
de l'industrie sucrière et une vague de
prospérité à partir de 1850.
La prospérité de 1850 fût
aussi due, à côté du développement
de l'industrie sucrière, à une reprise
du mouvement commercial qui avait été
la source de prospérité de Maurice
au temps des Français. Un autre développement
à noter, pendant la période britannique
: les changements constitutionnels, lents d'abord,
puis s'accélèrant après la
Seconde guerre mondiale pour amener le pays à
l'indépendance en 1968. Ils furent dissous
en 1822. Un conseil du Gouvernement fût
installé à partir de 1825. En 1840
il fut institué au Port-Louis un Town Committee
qui, au début de 1850, devait être
suivi par une municipalité dont les membres
furent élus. Cette municipalité,
qui existe toujours, a été l'institution
la plus démocratique de l'île pendant
le l9ème siècle. En 1921, lors d'autres
élections, il y eut un mouvement pour la
rétrocession de Maurice à la France,
lequel n'aboutit pas, ses partisans ayant été
vaincus aux élections.
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VERS L'INDEPENDANCE
- Haut ^
C'est
à partir de 1937 avec les revendications
des travailleurs suivis de la fondation du Parti
travailliste qui regroupa des gens de couleurs
et certains intellectuels indo-mauriciens, et
la reconnaissance des syndicats des travailleurs,
que de nouveaux progrès constitutionnels
allaient être réalisés. ll
y eut ainsi une nouvelle constitution à
partir des élections de 1943 au cours desquelles
les deux-cinquièmes de la population adulte
purent voter. Les élections de 1953 firent
encore avancer la démocratie à Maurice
lorsque le Parti Travailliste y accrût son
nombre de sièges. C'est en 1957, année
de l'entrée en vigueur du système
ministériel à Maurice, que le "leadership"
du parti travailliste est pris en main par le
Dr Ramgoolam. Enfin, le pays accéda à
son indépendance en 1968 et devint une
république en mars 1992.